La consultation philosophique est une pratique assez peu répandue en France, qui pourtant qui se développe dans de nombreux pays, elle est même enseignée à l’université aux USA, en Allemagne, en Norvège ou en Espagne. Elle se développe entre autres comme une réponse aux abus de psychothérapie. En effet, la personne qui vient consulter un philosophe parce que diverses questions existentielles la préoccupent n’est pas incitée à une sorte de régression psychologique qui fonctionne par association d’idées, mais plutôt à recouvrer son autonomie en faisant usage de sa raison.
Le rôle du philosophe n’est pas de fournir l’occasion d’une parole qui défoule, ce besoin concernerait plutôt un psychologue, mais celui d’une parole qui se construit par le biais de l’analyse conceptuelle, de la recherche de présupposés, l’articulation d’antinomies, la problématisation des propositions et l’analyse critique. Tout comme c’est le cas lorsque nous lisons un ouvrage de philosophie, ce n’est pas tant la personne qui nous intéresse que sa pensée, sa vision du monde, ses ancrages, ses difficultés, son cheminement intellectuel.
Le rôle du philosophe n’est plus ici de fournir la « bonne pensée », mais selon l’exemple Socratique il fait office de miroir, en particulier pour mettre au jour les obstacles récurrents et classiques du processus de réflexion. Ainsi le consultant peut acquérir une conscience accrue de sa propre pensée et de ses limites : il peut ainsi engager plus avant le dialogue avec lui-même, c’est-à-dire penser. L’atelier se tiendra en deux temps : la consultation d’une personne témoin volontaire, puis un débat pour analyser ce qui s’est passé.