Martine Nolis et Gilles Abel

Article publié le mercredi 30 mars 2005.
Rédigé par
 

Pourquoi la pratique de la philosophie connaît-elle tant de difficultés à se développer dans le contexte éducatif ?

Les critères retenus

-  L’animation d’une discussion philosophique avec des enfants requiert que l’animateur ait effectué un certain « cheminement personnel ». En effet, s’il souhaite par sa pratique développer l’esprit critique et autocritique, l’humilité, la curiosité (entre autres habiletés) il faut que lui-même manifeste un minimum ces qualités. A ce titre, est-il possible d’espérer un « cheminement personnel » minimal suffisant pour que la discussion demeure un objectif pertinent ?
-  A moins d’être condamnée à n’être qu’une démarche pratiquée de manière ponctuelle - alors que son impact profond se manifeste à longue échéance - la discussion philosophique avec les enfants doit connaître une institutionnalisation. Cependant, est-il permis de l’espérer si l’on postule qu’un fossé grandissant se creuse entre les priorités des pouvoirs publics et la réalité culturelle, sociale et éducative qui est celle des enfants auxquels veut s’adresser cette démarche ?
-  Un développement durable de la discussion philosophique avec les enfants passe nécessairement par sa présence dans la formation initiale des étudiants qui visent le métier d’enseignant. Ce développement procède en effet d’une certaine culture de l’éducation. Plus tôt cette culture est expliquée et abordée dans la formation, moins on prend le risque que se développent des « mauvaises habitudes » contre-productives à l’égard de la discussion philosophique.

La pratique ou son analyse succinctement décrite et son contexte

L’expérience tant en formation qu’en animation de discussion philosophique avec des enfants des intervenants de l’association Philomène s’échelonne entre 5 et 10 ans. Leur travail avec des enseignants, des éducateurs, des bibliothécaires, des animateurs de maisons de jeunes et d’activités parascolaires, ... nourrit ainsi une réflexion lancinante sur les causes des difficultés que connaît le développement de la discussion philosophique avec les enfants. Leurs relations avec les pouvoirs institutionnels alimentent en outre ce questionnement. Dans un contexte où la nécessité pour les enfants d’avoir accès à une telle activité éducative revêt un caractère urgent, les deux auteurs de cette contribution souhaitent partager leur interrogation et leur expérience avec les participants de ce colloque.

Le nom et les coordonnées de l’auteur de la contribution

Martine Nolis. Institutrice de formation, Martine Nolis a pratiqué la discussion philosophique avec les enfants à temps plein au Lycée Daschbeck de Bruxelles, entre 1995 et 2002. Depuis 2002, elle est devenue attachée au cabinet du Ministre de l’éducation de la Communauté Française de Belgique, pour toutes les questions relatives à la discussion philosophique avec les enfants. En 2001, elle a participé à la création de Philomène, pour laquelle elle travaille également comme animatrice et formatrice en Philosophie avec les enfants.

Gilles Abel. Après un Licence en philosophie (UCL, Belgique), Gilles Abel s’est formé à la philosophie pour enfants dans le cadre d’un programme de Certificat et de Maîtrise à l’Université Laval de Québec. Sous la direction de Michel Sasseville, il y a étudié la question du rapport entre la pratique de la philosophie en communauté de recherche et la découverte de l’attitude démocratique. En 2001, il a participé à la création de l’association Philomène, pour laquelle il travaille depuis comme animateur et formateur en philosophie avec les enfants.



Forum

 

Plan du site | Vie du site | Contacts | Rédacteurs | Espace privé
© 2004 Colloque Européen sur les nouvelles pratiques philosophiques | Site réalisé par