Marc Amiot

Article publié le jeudi 31 mars 2005.
Rédigé par
 

Analyse et exploitation de la pratique platonicienne du dialogue

Nature de la contribution : Analyse et exploitation de la pratique platonicienne du dialogue. Durée : 1h. / 1h30.

Intérêt principal : Que la discussion ne soit pas seulement un échange de paroles mais un progrès de la pensée.

Particularité didactique et culturelle : On oppose parfois, à tort, un Platon dogmatique et un Socrate critique. On a même pu constater parfois, lors du précédent colloque, une opposition conflictuelle entre les détracteurs d’une pensée figée, non critique, (celle des philosophes que l’on est censé vénérer dans l’enseignement traditionnel de la philosophie en Terminale) et les adversaires d’une discussion critique sans pensée (c’est-à-dire à laquelle certains professeurs de philosophie reprochent de ne pas vraiment « penser »). Réduire cette opposition caricaturale est mon objectif, pour que les pratiques du philosopher dans et hors du cadre institutionnel puissent s’enrichir mutuellement. Si philosopher c’est dialoguer, comme le prétend Platon, il serait dommage de ne pas accepter la discussion avec les auteurs du passé, à condition d’en faire des interlocuteurs qui nous aident à clarifier nos concepts et à justifier nos propres jugements.

Public habituellement concerné : Les élèves de Terminale en classe de philosophie. Mais aussi des adultes sans aucune formation prérequise, dans des cours municipaux d’introduction à la philosophie pour tous publics.

Difficulté principale : L’élémentarisation des savoirs savants pour les rendre immédiatement assimilables par des néophytes, pour qu’ils en tirent profit dans leur effort de conceptualisation et de problématisation au cours de la discussion.

Description de la mise en situation :

Explication de la démarche platonicienne

-  Tout commence dans la caverne, c’est-à-dire dans l’univers de nos préoccupations courantes, où nous faisons l’expérience de désaccords, de conflits. « Cette fille est belle ! » mais mon jugement, subjectif, n’est pas partagé : L’embarras est la première étape de la démarche platonicienne. - En réalité, je ne « vois » pas une belle fille ; je vois une fille et je « juge » qu’elle est belle ... à l’aide d’une idée de beauté que mon esprit présuppose. Il faut donc sortir de la caverne, c’est-à-dire nous intéresser non plus à la fille mais à la beauté en tant qu’idée ou concept. Chacun va donc préciser son idée de beauté, afin de rendre intelligible aux autres (et à lui-même) le jugement qu’il porte sur la fille. - Mais le désaccord autour de l’idée subsiste et il n’y a pas de « vérité » du concept qui s’impose. De même que le boucher qui découpe la volaille ne peut trancher n’importe où ; il sent la résistance des os et cherche l’articulation entre deux morceaux consistants ; de la même façon, penser un concept c’est le découper par un jeu d’oppositions avec des concepts voisins : le beau est-il réductible à l’agréable ? est-il différent du bon ? ... Platon relie ainsi pensée, discussion et vérité.

Mise en situation

Embarras initial : A partir d’un bref article de presse, d’un jugement emprunté à l’actualité, nous constaterons un désaccord entre opinions divergentes ; et nous dégagerons le concept problématique (en rapport avec une notion du programme de Terminale). Analyse conceptuelle par la discussion : Par la méthode du découpage dialectique, nous chercherons à préciser les significations du concept qui rendent intelligibles et justifient chacune des opinions. Apport des philosophes pour l’enrichissement de la discussion et de la pensée : Nous exploiterons les données élémentarisées d’un texte philosophique en prenant le philosophe comme interlocuteur soutenant une thèse dans notre discussion. Marc AMIOT Professeur de Philosophie à ANGERS



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