Jean-Charles Pettier, Maryléne Dupont

Article publié le jeudi 31 mars 2005.
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Comment donner du sens aux pratiques à visée philosophique ? Comment ces pratiques sont-elles ressenties subjectivement par des enseignants qui s’y lancent ?

Critères Projet, rencontre, débat en circonscription, cahier journal.

Pratique et analyse Les deux questions conditionnent la mise en place d’un projet ambitieux, à deux volets :

-  Premier volet : s’appuyer sur un projet ambitieux et novateur pour motiver institution scolaire, enseignants, élèves à réaliser des pratiques à visée philosophique, en fournissant des moyens matériels et intellectuels pour leur donner sens et les développer. Le projet est nouveau par son ampleur : centré sur l’idée d’une grande rencontre en fin d’année entre tous les élèves des différentes classes de la circonscription de Melun Sénart, en Seine-et-Marne, participant à l’opération, soit près d’une trentaine de classes des cycles 2 et 3. Cette rencontre visera, par un travail en ateliers interclasses réunissant en parallèle des délégués de chacune des classes participantes, à bâtir un document : “ ce que nous pensons de... ” Huit thèmes travaillés pendant l’année par toutes les classes seront présentés lors de cette rencontre, avec pour chacun des thèmes deux ateliers (un pour les élèves des“ cycle 2 ”, un pour les “ cycle 3 ”) en charge de le traiter. Dans chaque atelier seront présents deux élèves représentant chacune des classes de la circonscription, chargés de représenter la classe et les conclusions auxquelles elle est parvenue, concernant le sujet. À l’issue de l’atelier serait établi un relevé de conclusions (seize relevés en tout), constituant l’état des lieux de la réflexion annuelle des élèves de la circonscription. Le travail de l’année : Les enseignants des classes participant au projet ont fixé dès le début de l’année les huit thèmes retenus pour la réunion finale. Chaque semaine, autant que possible, les enseignants développent les pratiques de débat inscrites au programme. Huit d’entre elles au moins concernent les huit thèmes retenus, à charge par classe de se donner les moyens de “ fixer ” les éléments construits ensemble ainsi que le nom des élèves chargés d’en rendre compte et de débattre lors de la journée finale. Chaque élève de chaque classe représentera sa classe dans l’un des ateliers durant la journée finale. Les enseignants sont aidés par des personnes “ ressources ” afin :
-   de leur transmettre lors de réunions les éléments théoriques et pratiques pour mettre en œuvre ces échanges ;
-   de venir éventuellement (sur demande de l’enseignant) observer l’une des pratiques, pour en faire ensuite une analyse, et proposer des pistes de travail. Ce travail est financièrement soutenu par l’inspection académique de Seine et Marne, qui a notamment donné les moyens d’acheter des ouvrages sur lesquels s’appuyer.
-  Second volet : recueillir les matériaux pour analyser ensuite comment subjectivement une telle expérience est vécue “ au jour le jour “ par des enseignants souvent novices. On demande aux enseignants concernés de tenir anonymement, un “ cahier journal ” de cette expérience, de façon entièrement libre : pas de longueur minimale, de sujet “ obligatoire ” autre que ce que l’enseignant a envie d’en dire, comme enseignant ou plus largement comme individu, sans restriction, ni de cadre autre que la date, la référence “ anonyme ” de l’enseignant, son niveau de classe, et l’engagement d’une écriture, même brève, suivant le plus immédiatement possible chacune des séances à visée philosophique. Ces “ journaux ” seraient ensuite repris dans le cadre d’une recherche ouverte, cherchant à clarifier les éléments qui spontanément sont évoqués par les enseignants lorsqu’ils commentent leur pratique, immédiatement après sa réalisation. On tentera par exemple d’évaluer dans quelle mesure ces représentations évoluent en cours d’année, en quoi elles se différencient selon le cycle ou la classe, la nature des problèmes ou satisfactions rencontrés.

Contributeurs Jean-Charles Pettier, professeur de philosophie, docteur en Sciences de l’éducation, IUFM de Créteil, centre de Melun, France. Maryléne Dupont, Conseillère pédagogique “ faisant fonction ” d’Inspectrice de l’Education Nationale, Inspection de Melun Sénart, IUFM de Créteil, France.



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